{"id":1109,"date":"2025-05-15T15:13:02","date_gmt":"2025-05-15T13:13:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/?p=1109"},"modified":"2025-05-15T15:13:02","modified_gmt":"2025-05-15T13:13:02","slug":"le-langage-en-philosophie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/?p=1109","title":{"rendered":"Le langage en philosophie"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le langage en philosophie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet article, je vais vous pr\u00e9senter la notion de langage. Je vais d\u2019abord faire un point sur la mani\u00e8re dont on peut d\u00e9finir cette notion. Puis, je vais passer en revue quelques grandes questions possibles sur le langage en montrant comment on pourrait y r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019aide d\u2019auteurs classiques.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut d\u00e9finir le langage comme <strong>un syst\u00e8me de signes<\/strong> ou ensemble de signes que l\u2019on utilise pour communiquer ou exprimer des id\u00e9es, des informations, des sentiments\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais qu\u2019est-ce qu\u2019un signe ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"375\" height=\"567\" src=\"https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/image.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1110\" srcset=\"https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/image.jpg 375w, https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/image-198x300.jpg 198w\" sizes=\"auto, (max-width: 375px) 100vw, 375px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ferdinand de Saussure, linguiste suisse, montre qu\u2019un <strong>signe<\/strong> est constitu\u00e9 de deux \u00e9l\u00e9ments compl\u00e9mentaires. Pour qu\u2019il y ait un signe il faut, d\u2019une part, un <strong>signifi\u00e9<\/strong> et, d\u2019autre part, un <strong>signifiant<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>signifi\u00e9<\/strong> c\u2019est l\u2019id\u00e9e que nous avons en t\u00eate. Par exemple l\u2019id\u00e9e de chat ou de table.<\/p>\n\n\n\n<p>Le <strong>signifiant <\/strong>c\u2019est la forme sensible ou l\u2019aspect mat\u00e9riel qui renvoie au signifi\u00e9. Par exemple, le mot \u00ab&nbsp;chat&nbsp;\u00bb \u00e9crit sur le tableau, ou l\u2019ensemble de son qui donne chat ou encore le geste qui renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e de chat en langue des signes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"605\" height=\"340\" src=\"https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/image.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1111\" srcset=\"https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/image.jpeg 605w, https:\/\/www.cafephilolagny.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/image-300x169.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Donc, vous l\u2019avez compris, pour qu\u2019il y ait r\u00e9ellement un signe, il faut qu\u2019un signifiant (par exemple le mot \u00ab&nbsp;chat&nbsp;\u00bb) renvoie dans votre esprit \u00e0 une id\u00e9e correspondante. (l\u2019id\u00e9e de chat)<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous ne savez pas \u00e0 quelle id\u00e9e (ou signifi\u00e9) le signifiant renvoie alors vous ne comprenez pas ce que votre interlocuteur essaie de vous dire. Par exemple si votre interlocuteur est allemand est vous parle de \u00ab&nbsp;Katze&nbsp;\u00bb ce signifiant fait signe pour vous vers l\u2019id\u00e9e ou signifi\u00e9 chat si et seulement si vous avez l\u2019id\u00e9e de chat et vous savez que ce signifiant \u00ab&nbsp;Katze&nbsp;\u00bb renvoie \u00e0 l\u2019id\u00e9e de chat.<\/p>\n\n\n\n<p>Imaginons que vous disiez quelque chose d\u2019inintelligible en fran\u00e7ais du genre \u00ab&nbsp;dedulou&nbsp;\u00bb. Ceci n\u2019est pas un signe car m\u00eame s\u2019il y a un \u00e9l\u00e9ment mat\u00e9riel (quelque chose d\u2019\u00e9crit ou un ensemble de sons) cela ne renvoie pas \u00e0 une id\u00e9e ou signifi\u00e9 dans votre esprit. Cela ne fait donc pas signe.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, et j\u2019en viens \u00e0 la deuxi\u00e8me d\u00e9finition importante, il est tr\u00e8s possible que cette ensemble de son \u00ab&nbsp;d\u00e9dulou&nbsp;\u00bb ne soit pas un signe en fran\u00e7ais mais qu\u2019il en soit un dans une autre langue.<\/p>\n\n\n\n<p>Une <strong>langue<\/strong> c\u2019est un syst\u00e8me de signes propre \u00e0 une communaut\u00e9 sp\u00e9cifique. Les humains ont tous un syst\u00e8me de signes, mais ils n\u2019ont pas le m\u00eame. Ils ont des langues diff\u00e9rentes.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, quand on use de la parole, c\u2019est que l\u2019on utilise une langue ponctuellement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les grands probl\u00e8mes en philosophie qui peuvent \u00eatre pos\u00e9s sur la question du langage ? &nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2013 Premier sujet tr\u00e8s classique : \u00ab&nbsp;Peut-on penser sans langage ?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Petit rappel m\u00e9thodologique au passage : sur ce sujet il y a trois \u00e9l\u00e9ments \u00e0 d\u00e9finir lors de l\u2019analyse du sujet.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab\u00a0Langage\u00a0\u00bb \u00e9videment, que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 d\u00e9fini.<\/li>\n\n\n\n<li>Le verbe, et ici plus pr\u00e9cis\u00e9ment la forme en \u00ab\u00a0Peut-on\u00a0\u00bb, est int\u00e9ressante, j\u2019en parlerai un peu apr\u00e8s.<\/li>\n\n\n\n<li>Mais surtout ici vous ne devez pas oublier de vous interroger sur le sens du verbe \u00ab\u00a0penser\u00a0\u00bb car en fonction du sens que vous donnez \u00e0 ce terme la r\u00e9ponse au sujet peut \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rente.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Qu\u2019est-ce que penser ?<\/strong> Si vous l\u2019envisagez au sens large penser c\u2019est avoir une activit\u00e9 psychique. Descartes d\u00e9finit la&nbsp; pens\u00e9e comme <em>\u00ab&nbsp;tout ce que ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l\u2019apercevons imm\u00e9diatement en nous-m\u00eames&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, selon cette d\u00e9finition de Descartes, \u00ab&nbsp;penser&nbsp;\u00bb, cela peut d\u00e9signer toutes sortes d\u2019activit\u00e9s psychiques comme avoir une id\u00e9e, un sentiment, un doute, une volont\u00e9, une intuition ou encore une \u00e9motion qui serait accompagn\u00e9 de conscience. Donc, si on prend \u00ab&nbsp;penser&nbsp;\u00bb en ce sens, il va \u00eatre plut\u00f4t facile de d\u00e9fendre que l\u2019on peut penser sans langage.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, si vous prenez plut\u00f4t la d\u00e9finition de Platon qui va dire que la pens\u00e9e c\u2019est \u00ab&nbsp;le dialogue de l\u2019\u00e2me avec elle-m\u00eame&nbsp;\u00bb alors, en ce sens, il va \u00eatre difficile de r\u00e9ellement penser ou dialoguer sans langage car pour dialoguer il faut des mots.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Voil\u00e0 maintenant comment peut-on r\u00e9pondre \u00e0 cette question ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re mani\u00e8re de r\u00e9pondre pourrait \u00eatre de dire avec Locke qu\u2019il est effectivement possible de penser sans langage, car finalement le langage est essentiellement un moyen de communication.<\/p>\n\n\n\n<p>Locke, philosophe anglais du 17e si\u00e8cle, d\u00e9fend ainsi dans l\u2019Essai sur l\u2019entendement humain que les mots ne font qu\u2019exprimer ou rendre publique des pens\u00e9es qui existent&nbsp;d\u00e9j\u00e0 dans notre esprit. Le langage n\u2019ajouterait rien \u00e0 la pens\u00e9e et ne jouerait aucun r\u00f4le dans sa formation. Ce serait en ce sens seulement un moyen.<\/p>\n\n\n\n<p>A cette premi\u00e8re th\u00e8se, on pourrait opposer la th\u00e8se de Hegel, philosophe allemand du 18e-19e si\u00e8cle, qui au contraire d\u00e9fend qu\u2019on ne peut penser sans langage car le langage est n\u00e9cessaire pour former la pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Hegel \u00e9crit ainsi : <strong>\u00ab C\u2019est dans les mots que nous pensons. Nous n\u2019avons conscience de nos pens\u00e9es d\u00e9termin\u00e9es et r\u00e9elles que lorsque nous leur donnons la forme objective, que nous les diff\u00e9rencions de notre int\u00e9riorit\u00e9, et par suite nous les marquons d\u2019une forme externe \u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On comprend ainsi que selon Hegel, Il n\u2019y a pas de pens\u00e9e sans mot car c\u2019est le mot qui nous permet de clarifier notre pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi le fait de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 formuler ses id\u00e9es ne signifierait alors pas que nous manquons de mots mais que notre pens\u00e9e est encore mal form\u00e9e. Si nous cherchons nos mots c\u2019est que l\u2019id\u00e9e n\u2019est pas clairement form\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Hegel s\u2019oppose \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il y aurait une pens\u00e9e ineffable c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019on ne pourrait pas dire ou nommer. Pour lui, la pens\u00e9e qui ne trouve pas de mots est confuse et n\u2019est pas encore \u00e0 proprement parler une pens\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour illustrer cette th\u00e8se, on peut penser au roman 1984 de George Orwell. Dans ce roman, Orwell d\u00e9peint une soci\u00e9t\u00e9 soumise \u00e0 un \u00c9tat totalitaire qui cherche \u00e0 priver les individus de toute libert\u00e9. Or, pr\u00e9cis\u00e9ment pour leur retirer toute libert\u00e9, le parti a d\u00e9cid\u00e9 la cr\u00e9ation d\u2019une nouvelle langue soi-disant simplifi\u00e9e appel\u00e9e <strong>\u00ab&nbsp;Novlangue&nbsp;\u00bb.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La th\u00e8se derri\u00e8re la cr\u00e9ation de cette nouvelle langue est que si l\u2019on fait dispara\u00eetre certains mots (\u00e9videmment des mots plut\u00f4t subversifs comme libert\u00e9, justice ou encore r\u00e9volte) en les regroupant sous un m\u00eame mot commun, dans le roman il s\u2019agit du terme \u00ab&nbsp;crimepens\u00e9e&nbsp;\u00bb, alors il sera peu \u00e0 peu impossible d\u2019avoir la moindre r\u00e9flexion sur la libert\u00e9 et la justice car il sera impossible d\u2019en parler clairement.<\/p>\n\n\n\n<p>Il serait alors n\u00e9cessaire d\u2019avoir des mots distincts pour pouvoir r\u00e9ellement penser certaines&nbsp;id\u00e9es. Voil\u00e0 pour ce premier sujet sur le langage en philosophie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2013 Deuxi\u00e8me sujet sur le langage : &nbsp;\u00bb Peut-on tout dire ?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ici, vous avez un sujet en \u00ab&nbsp;Peut-on&nbsp;\u00bb o\u00f9 les deux sens possibles du verbe vont \u00eatre exploitables. En effet, on pourra \u00e0 la fois traiter \u00ab&nbsp;Est-il possible&nbsp;\u00bb de tout dire ? et \u00ab&nbsp;A-t-on le droit ou est-ce bien de tout dire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, dans un cas, on posera la question de la possibilit\u00e9 ; dans l\u2019autre, on posera plut\u00f4t une question \u00e9thique : du type, est-ce bien de toujours tout dire ?<\/p>\n\n\n\n<p>Bergson, philosophe fran\u00e7ais du 19e-20e si\u00e8cle, montre pour sa part que le langage a des limites et qu\u2019il ne nous permet pas r\u00e9ellement de tout dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Il dit ainsi :<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab Nous ne voyons pas les choses m\u00eames; nous nous bornons, le plus souvent, \u00e0 lire des \u00e9tiquettes coll\u00e9es sur elles. \u00bb<\/strong> <strong>Bergson, Le Rire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En effet, pour Bergson, le langage, parce qu\u2019il a d\u2019abord pour fonction de communiquer des informations, utilise des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, si je parle de ma col\u00e8re, de mon amour ou de ma tristesse, il s\u2019agit toujours d\u2019un ressenti singulier qui peut \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rent de la col\u00e8re d\u2019une autre personne ou m\u00eame de ma tristesse d\u2019il y a 15 jours. Pourtant, je vais utiliser le m\u00eame mot g\u00e9n\u00e9rique pour me faire comprendre. Je vais dire \u00ab&nbsp;je suis en col\u00e8re&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Or, pour Bergson, et c\u2019est pour cela qu\u2019il parle d\u2019\u00e9tiquettes, ce mot col\u00e8re que j\u2019utilise ne me permet pas de faire clairement comprendre \u00e0 l\u2019autre la singularit\u00e9 de mon ressenti. C\u2019est en ce sens qu\u2019on peut dire qu\u2019il n\u2019est pas possible de tout dire. Comment dire un ressenti singulier avec des mots par nature g\u00e9n\u00e9raux ?<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, si je parle de mon chien ou de mon bateau, ce sont pour l\u2019autre des id\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales, il comprend \u00ab&nbsp;en gros&nbsp;\u00bb ce dont je parle, mais en utilisant ce mot, je ne dis rien de tout ce que ce chien ou ce bateau ont de singulier et de vraiment diff\u00e9rents des autres pour moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Bergson montre ainsi que le langage a des limites et exprime souvent mal notre pens\u00e9e, car pour \u00eatre compris, nous devons sacrifier une bonne partie de ce que nos id\u00e9es ou sentiments ont de singulier.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, on pourrait s\u2019opposer \u00e0 cette&nbsp; th\u00e8se &nbsp;en d\u00e9fendant que si les mots sont effectivement g\u00e9n\u00e9raux, lors d\u2019une conversation nous pouvons utiliser d\u2019autres mots pour pr\u00e9ciser ce que nous voulons dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, dire \u00ab&nbsp;je suis en col\u00e8re&nbsp;\u00bb peut effectivement sembler g\u00e9n\u00e9rique, mais cela peut conduire \u00e0 un \u00e9change o\u00f9 des d\u00e9tails sp\u00e9cifiques peuvent \u00eatre ajout\u00e9s, permettant ainsi de mieux saisir la singularit\u00e9 de mon \u00e9motion.<\/p>\n\n\n\n<p>De&nbsp; plus, on pourrait d\u00e9fendre \u00e0 nouveau avec Hegel que si&nbsp;nous avons le sentiment de ne pas r\u00e9ussir \u00e0 dire certaines choses,&nbsp; m\u00eame en pr\u00e9cisant et d\u00e9veloppant nos pens\u00e9es longuement c\u2019est peut-\u00eatre parce que nos id\u00e9es sont confuses. Alors on pourrait d\u00e9fendre qu\u2019il nous est possible de dire tout ce que nous pensons clairement.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, nous pourrions finalement d\u00e9fendre que quand bien m\u00eame il serait possible de tout dire, il n\u2019est peut-\u00eatre pas souhaitable ou bien de le faire toujours.<\/p>\n\n\n\n<p>Benjamin Constant, philosophe fran\u00e7ais du 18e-19e si\u00e8cle, d\u00e9fend ainsi qu\u2019il n\u2019est pas toujours de notre devoir de dire la v\u00e9rit\u00e9. Selon lui, parfois, il faudrait m\u00eame ne rien dire, voire mentir.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous l\u2019avez compris la question sous-jacente ici est : <strong>Faut-il toujours dire la v\u00e9rit\u00e9 ?<\/strong> Benjamin Constant d\u00e9fend sur ce point que m\u00eame s\u2019il est g\u00e9n\u00e9ralement mal de mentir, cela devient finalement un devoir si la personne qui nous interroge \u00e0 de mauvaises intentions.<\/p>\n\n\n\n<p>Faudrait-il dire la v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 un assassin qui cherche une personne qui s\u2019est&nbsp;r\u00e9fugi\u00e9e chez nous ? par exemple<\/p>\n\n\n\n<p>Sans doute pas, car pour Benjamin Constant, \u00ab&nbsp;<strong>nul homme n\u2019a droit \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 qui nuit \u00e0 autrui.&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u2013 Troisi\u00e8me sujet sur le langage : \u00ab&nbsp;Que peuvent les mots ?&nbsp;\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ici c\u2019est un sujet difficile et assez technique car c\u2019est un sujet ouvert. C\u2019est-\u00e0-dire que vous ne pouvez pas simplement r\u00e9pondre par oui ou par non. Il faut alors proposer des r\u00e9ponses et id\u00e9alement il faut que ces r\u00e9ponses s\u2019opposent afin qu\u2019il y ait un r\u00e9el probl\u00e8me dans votre dissertation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, vous pourriez d\u00e9fendre avec <strong>Aristote<\/strong> que les mots permettent aux hommes de d\u00e9battre, s\u2019entendre et pourquoi pas de vivre en harmonie.<\/p>\n\n\n\n<p>Aristote d\u00e9veloppe une philosophie finaliste. \u00c0 ses yeux, chaque \u00eatre par nature a une fin (un but) et la nature ne fait rien en vain. L\u2019homme a donc par nature pour fin d\u2019\u00eatre un animal politique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il est \u00e0 la fois un \u00eatre sensible anim\u00e9 par le d\u00e9sir, mais \u00e9galement un \u00eatre rationnel qui poss\u00e8de le logos (la raison ou le discours) dans le but de pouvoir organiser la cit\u00e9. L\u2019homme est donc dit \u00ab&nbsp;politique&nbsp;\u00bb parce qu\u2019il peut discuter du juste et de l\u2019injuste, du bien et du mal afin de trouver un accord avec les autres. Cette capacit\u00e9 de d\u00e9battre, et parfois de trouver un accord, est une condition n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une vie en commun harmonieuse, et notamment \u00e0 l\u2019instauration d\u2019une d\u00e9mocratie, car cela n\u00e9cessite d\u00e9bat et possibilit\u00e9 d\u2019accord par les mots.<\/p>\n\n\n\n<p>A cela, on pourrait opposer, la th\u00e8se d\u2019<strong>Hannah Arendt<\/strong> qui d\u00e9fend dans La Crise de la Culture, que le pouvoir des mots d\u00e9pend de la place de celui qui parle dans la hi\u00e9rarchie sociale. En ce sens, les mots en eux-m\u00eames n\u2019auraient pas r\u00e9ellement de pouvoir, mais ce serait plut\u00f4t la hi\u00e9rarchie sociale et donc celui qui les utilise qui leur donnerait du pouvoir. Avoir de l\u2019autorit\u00e9 ce serait obtenir l\u2019ob\u00e9issance de l\u2019autre sans violence et sans persuasion, simplement parce qu\u2019il reconna\u00eet que ma place sup\u00e9rieure dans la hi\u00e9rarchie sociale est l\u00e9gitime<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 pour cet article, j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il vous permettra de mieux cerner les grandes questions que vous allez rencontrer sur la notion de langage en philosophie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le langage en philosophie Dans cet article, je vais vous pr\u00e9senter la notion de langage. Je vais d\u2019abord faire un point sur la mani\u00e8re dont on peut d\u00e9finir cette notion. 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